26/12/2012
Chill
C'est pour le réveillon que les Subs ont relevé un pari audacieux: remixer Something Good d'Alt-J. On pourrait s'attendre à un massacre du genre indie-rock, car les belges ont plutôt tendance à faire dans l'électro-punk et la violence sonore.
Mais c'est tout le contraire qui arrive ici: après leurs deux albums et leur EP Hysteria nous ayant explosé les tympans (dans le bon sens du terme, rassurez-vous), ils nous offrent un remix doucement dansant et fidèle à l'esprit des anglais d'Alt-J. Deux parties: une planante dans un premier temps, une dansante dans le second. Kicks fluides et ronds, synthés aériens et voix de velours. Ils ont tout compris, et vu que c'est noël, on peut le télécharger sans payer!
PS: si vous voulez écouter l'album d'Alt-J, An Awesome Wave, c'est ici. Vous comprendrez pourquoi il a défrayé la chronique.
Woo.
21/12/2012
Jazzy
Après leur album hip-hop aux sonorités jazz, funk et soul Live & Uncut, les Soul Square en remettent une louche avec leur nouveau morceau sorti aujourd'hui, Positive Vibes. En featuring avec le rappeur Blezz, ce morceau entraînant au rythme pêchu, aux synthés jazzy et aux cuivres prononcés laisse place à un flow plus rond et fluide, tranquille et sans artifices. On s'éloigne des morceaux comme Live & Uncut (en featuring avec les DJ Pfel et Atom de C2C) pour laisser place à des instrus plus naturelles et joyeuses; le morceau porte bien son nom, et en plus on peut le télécharger gratis.Enjoy!
Woo.
10/12/2012
Electric Soul
C'est fin septembre qu'est sorti le dernier opus de Zenzile, Electric Soul. Le groupe, qui a maintenant 18 ans, a effectué ici comme un retour aux racines de leur musique. On s'éloigne de Zentone et de Pawn Shop pour revenir vers des sonorités plus dub, plus travaillées et plus personnelles.
Man Made Machine, Mind Control, No Idol, Scars...des titres non vides de sens portés par la voix emblématique de Jamika, avec la participation de Winston McAnuff. Un album tantôt doux, tantôt dansant: on a affaire à une exploration en profondeur de la musique, à un voyage sonore.
Ci-dessous, le clip de leur morceau Stay, 4ème piste de l'album:
D'autre part, c'est ce vendredi 7 décembre que nous avons eu la chance d'interviewer Mathieu, bassiste du groupe, lors de leur passage à l'Atabal (Biarritz). Entretien avec un musicien humble, ouvert et amoureux de la musique:
Kyu: Alors pour commencer, quelles sont vos principales influences pour cet album? Parce qu'on a décelé des petits côtés Dub Trio!
Mathieu: Ben en fait on s'est surtout inspirés de nous-même pour cet album, dans le sens où c'est comme un retour au son du début, un retour aux sources. La différence est qu'il y a beaucoup de chant; chaque morceau est une chanson.Il y a aussi un nouveau chanteur, Jerry, et la participation de Winston McAnuff. Mais celui-ci ne nous suit pas, il n'a pas le temps pour les concerts à cause de ses projets.
Woo: Donc finalement, Electric Soul se rapprocherait plus de 5+1 par exemple?
Mathieu: Oui, on peut dire ça. Ça serait comme une somme de 5+1. On a retrouvé un peu de cette ambiance là, ça c'est sûr, mais c'est un retour aux sources aussi dans le sens où on l'a enregistré à la maison, dans un studio avec des potes d'Angers. Donc ça a permis d'avoir une vision plus cool aussi au niveau financier, on a eu plus de temps pour peaufiner le son. A l'arrivée on est contents d'avoir eu du temps, ça nous a permis de mieux travailler l'album. Surtout qu'au niveau du son maintenant tout se perd, avec les mp3 et les portables par exemple: au final faire une grosse production bien léchée ne sert pas à grand chose puisqu'on ne voit pas la différence lorsqu'on l'écoute sur le portable ou l'ordinateur. On a essayé de faire en sorte que notre musique puisse sonner partout: moins de machines, et retour à la source analogique.
Woo: No Idol, Scars, Man Made Machine, Mind Control...un rapprochement à faire avec des titres de Pink Floyd?
Mathieu: C'est marrant parce que la filiation Pink Floyd nous suit depuis le début, et t'es pas le premier à poser la question! C'est vrai qu'il y a aussi des fans de Pink Floyd dans le groupe. Moi je suis pas un fan à proprement parler, mais ça a quand même bercé mon enfance, parce que c'est ce que mes parents écoutaient. Je me souviens surtout de l'album Wish You Were Here, qui m'a marqué à vie: il me faisait presque peur quand j'étais petit. C'est vraiment le genre de musique qui te transcende et qui t'inspire sans que tu t'en rendes compte, je dirais même que c'est de l'ordre génétique au niveau de la transmission. En tout cas Vince qui est au clavier et les guitaristes qu'on a eu, avec Alex maintenant, sont des fervents fans. Après pour ce qui est des titres, par exemple Brain Damage - tu connais le groupe? - est clairement un hommage aux Pink Floyd. En tout cas dans notre cas je ne pense pas que ce soit volontaire. Si tu veux, ce sont Jamika, Winston et Jerry qui écrivent leurs textes et on leur laisse une liberté totale, sauf si on est pas d'accord (rires). Mais en général ce sont des choses personnelles dont ils parlent, leurs textes sont un peu comme leur identité. Par contre on fait souvent des brain-storming au niveau des noms qu'on donne aux chansons. Moi j'aime bien que les titres accrochent l'oreille, parce que souvent les gens, en parlant d'un CD, disent qu'ils aiment bien la 6 ou la 7, sauf dans le cas des vinyles où il n'y a pas de chiffres. En général on ne choisit pas des titres où il y a besoin de 10 ans de maîtrise en anglais, mais juste un ou deux mots, des choses simples. Après pour ceux qui sont vraiment nazes en anglais, c'est plus compliqué (rires). Jamika par exemple avait des titres à rallonge pour ses chansons, mais du fait qu'elle est américaine ça paraît moins compliqué pour elle. Mais comme les mots longs ou les prénoms composés, on utilise des diminutifs, des choses simples. Moi j'aime bien choisir le nom du titre: un truc qui claque, agréable à prononcer, qui ait un ou plusieurs sens. Par exemple, pour le nom de l'album, Electric Soul a été choisi à l'unanimité, sans plus d'enthousiasme parce que ça paraissait évident. Regarde sur google et tape Electric Soul: t'as des noms de groupe, des DJ, des albums...plein ont eu ce nom là. Mais bon faut s'empêcher de regarder dans ces cas là, sinon tu t'en sors pas. Regarde Mind Control! Peut être qu'il y a 20 ou 30 chansons qui ont ce nom là. En tout cas pour le nom à proprement parler du groupe, on savait que Zenzile c'était le nom d'un poète sud-africain. Après on a appris plus tard qu'il y avait un groupe de jazz des années '70 qui s'appelait comme ça, et que c'était un surnom ou un prénom zoulou en Afrique du Sud: c'est quelque chose de très répandu là bas. En tout cas c'est bien de poser la question, parce que si tu veux il y a des groupes qui s'affichent un peu par rapport à ça. Et puis on pourrait faire simple aussi, genre Dub n°1, n°2...Regarde Blur, Song 2 reste leur chanson la plus connue! Au final on se prend pas mal la tête!
Kyu: C'est vrai que pour les chansons qui n'ont pas forcément beaucoup de paroles, leur titre a beaucoup d'importance parce que c'est ce qui fait leur identité.
Mathieu: Au niveau de l'instrumental tu veux dire? C'est vrai que c'était exactement ça en ce qui concerne les albums d'avant, c'est tout à fait vrai! C'est important de trouver un nom qui claque dans ces cas là. Même si c'est gratuit, même si c'est sans prétention tu le portes comme un étendard. Et c'est vrai parce que dans nos morceaux instrumentaux en concert, la plupart des gens qui nous suivent savent le nom du morceau: ils l'ont identifié. Après nous on fait super gaffe à nos titres parce qu'on est fans de musique! Quand tu tournes la pochette d'un album dans tous les sens pour trouver les titres, qui produit quoi...c'est le genre de détail auquel tu fais attention. Et c'est pour ça que je pense qu'il ne faut rien laisser au hasard, faut bien mûrir la chose. Quand on fait l'album et qu'on voit qu'il nous manque deux titres, c'est chaud! En ce qui concerne les déclarations il faut tous les titres bien avant que l'album soit fini.
Kyu: Mais pourtant vous prenez du temps pour faire un album?
Mathieu: 4 mois de studio! Après en tout, si tu comptes la création des morceaux, l'ordre des titres et le reste ça prend un an, ce qui est pas mal, et ce qui est correct. Il y a aussi le fait qu'on n'ait pas été en tournée pendant l'élaboration de l'album, ce qui nous a permis de nous concentrer. Les années d'avant ça n'était pas facile à cause du fait qu'il fallait gérer l'album en cours et la tournée. On a plus de mal à gérer deux choses à la fois.
Woo: Au niveau des associations comme Zenzile + High Tone, Zenzile + Sir Jean...vous avez une autre collaboration en vue?
Mathieu: Nous on est plus sur les projets à proprement parler, comme refaire un ciné-concert. On en a déjà fait un et ça nous avait beaucoup plu! C'est un exercice qui marche bien! Après les collaborations si tu veux, c'est vrai que ce n'est pas comme tu les désignes, mais elles n'ont jamais arrêté en fait. Par exemple là sur l'album, il y a une nouvelle collaboration avec l'arrivée de Jerry qui est un nouveau chanteur. On l'a intégré dans le groupe, il en fait partie maintenant. Après quand on parle de Zentone, c'était quand même un gros chantier! On préfère comme dans les 5+1 collaborer avec les chanteurs seuls, ou Vincent Ségal qui était violoncelliste par exemple, c'est plus facile. Après quand c'est avec un groupe qu'on collabore c'est très intéressant, mais c'est plus lourd à monter. Au final, on ne court pas après. Je pense que si les choses sont faciles et qu'elles parlent d'elles-même, ça se fait. Mais s'il y a des désaccords, c'est plus long à mettre en chantier. Maintenant on a juste envie de choses simples, pas trop compliquées. Et tout ça, c'est sans parler du coût: Zentone on était à peu près 20 personnes. Rien que pour faire la bouffe pour 20 personnes, ça coûte cher (rires)! Après il ne faut pas tout ramener à ça mais ce sont des notions à ne tout de même pas négliger.
Kyu: Sinon autour de votre tournée, comment ça se passe?
Mathieu: Ben regarde, l'album est sorti le 23 septembre, dans la semaine on commençait la tournée. La dernière remonte à 2 ans et demi. C'est à partir de ce moment là qu'on a décidé de faire un break. On veille à faire la tournée après avoir sorti l'album. On est pas un groupe qui a une représentation monstrueuse, en plus le marché du disque s'est quand même bien cassé la gueule, donc pour les groupes, les concerts restent le moyen d'en vivre. Mais on a quand même décidé de faire un break, ça a duré deux ans, pour avoir le temps et pour prendre le temps de tout mettre en place. Et ça fait toute la différence. La tournée se passe mieux, c'est plus raccord. Tous ceux qui viennent à nos concerts savent que le disque est sorti. Parce que quand tu fais la promo de ton album à venir dans tes concerts, et qu'au bout de 15 putains de concerts le disque sort toujours pas (rires)...Faut faire gaffe à ça, parce que ça arrive assez vite. Tu peux avoir 3 semaines de décalage, 1 mois...C'est tout un mic mac à faire. Donc on est plutôt contents du déroulement de la tournée! Même les ventes se passent bien, on en est déjà à 7000 ou 8000 disques vendus depuis septembre, c'est quand même bien!
Kyu: Et justement vu que vous écrivez en anglais, ça a pu vous permettre de faire de l'international ou d'avoir un plus au niveau des ventes?
Mathieu: Pour les ventes c'est compliqué. Artistiquement ça nous permet de toute façon d'être accueillis et reçus à l'international. C'est l'énorme avantage d'écrire en anglais, et ça on le sait depuis le début. Il y a aussi la volonté de ne pas être uniquement centré en France, même si on sait que 90% de notre public est en France. Mais on a quand même joué dans d'autres pays, que ce soit au Mali, en Chine, au Laos, au Viet Nam, aux Etats Unis...il n'y a que l'Amérique du Sud qu'on n'a pas fait, avec l'Océanie et l'Inde. Mais on a quand même joué dans pleins d'endroits, notamment en Angleterre. Et ce qui est notoire, c'est que Jamika est américaine, Jerry est franco-égyptien, on avait un chanteur gallois...donc si tu veux au niveau de la scène personne ne va vraiment penser qu'on est un groupe français en fait. Et à ce niveau là, c'est sûr que l'anglais est plus international que le français. Il y a aussi le fait qu'on écoute beaucoup de musique internationale, et qu'on n'a pas forcément d'affinités avec la chanson française. C'est un groupe qui n'est absolument pas franco-français. En plus, à nos débuts, c'était une musique encore plus internationale parce qu'il n'y avait carrément pas de paroles: c'est la musique qui parlait d'elle même. Par rapport à ça, on a de supers souvenirs! En Afrique, tout le monde avait adoré, c'était super convivial. Au début on n'était que trois, puis est venu le besoin d'un clavier et ainsi de suite: ça favorise l'ouverture! Mais là on est 7, et ça suffit largement. Parce que le piège, c'est de jouer de tout tout le temps alors que l'important aussi dans la musique, c'est le silence et la respiration. Et c'est omniprésent chez nous, et c'est le principe du dub: enlever du son pour n'avoir que la racine, à savoir la basse et la batterie. C'est l'ancêtre du remix! C'est à la base une technique de studio, et non un style à part entière. Notre but à nous n'a jamais été de faire du reggae ou du dub à la manière de...on s'en inspire, mais on ne singe pas. C'est ce qui est intéressant: on a notre propre patte!
Woo: Pour finir, un autre album en vue?
Mathieu: Après l'expérience qu'on a vécu et qu'on est en train de vivre, franchement oui. Ça sera un album à moitié live, à moitié studio, sans artifices. En tout cas c'est notre projet: un album convivial où on se sera tous éclaté! Parce qu'un concert, c'est réussi quand on est tous ensemble, c'est comme un sport d'équipe. Une belle passe, c'est aussi important qu'un but, c'est l'ensemble qui compte. Et quand ça marche, tout le monde est tout de suite plus réceptif. Moins de machines, plus de musique brute.
WooKyu: Merci, bonne continuation et surtout bon anniversaire!
Pour terminer, voici ci-dessus une photo du live que le groupe a offert vendredi soir dernier. Un concert qui a mis le public à ses pieds, où tout le monde dansait et transpirait sous leur musique endiablée. Voix envoûtantes, rythmes électrisants et instruments lourds, lents, mais aussi groovy et terriblement dansants. Le tout avec une sono au poil. Super souvenir!
Woo.
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