15/05/2013

Reset!



C'est hier qu'est sorti le deuxième EP (et non le premier album, excusez pour la fausse alerte) du duo électro SLDGHMR, Reset! Finis le groove et la légèreté du précédent Defenders Of Disco, place à du lourd!
On voit que la rigolade est finie dès le premier morceau. Comme introduction, on a affaire à un build-up méchamment efficace: voix robotique et saccadée, synthés saturés et aériens, beat lourd tout en progression. L'énergie de Reset se rapproche de celle de Kavinsky: un morceau lent et lourd, marqué par la puissance.
I Just Want You To Know, en featuring avec You Love Her Coz Shes Dead nous renvoie à du plus léger. Voix féminine habilement mixée, synthés cybernétiques et rythmes dubstep: presque de la musique de boîte de nuit. C'est peut-être le morceau le plus ambitieux de l'EP, car il s'éloigne de tout ce que le groupe a pu créer. Certains y décèleront un côté Crystal Castles ou Nero, d'autres n'accrocheront pas du tout en raison du côté "musique commerciale", qui n'est lui non plus pas négligeable. 
Le troisième morceau, Welcome To The Technodrome, pose une ambiance malsaine: beat salement hypnotique, voix répétitive, boucles de synthé efficaces, basses atomiques. Un habile mélange entre la brutalité de NEUS et le génie des Crookers.
Le morceau suivant, BAOM, est sans doute le plus sale de tout l'opus. Proche de la rave que l'on retrouve chez Proxy, c'est une piste toute en saturation. Basses qui martèlent, rythmes qui entraînent et synthés diaboliques aux teintes sombres. De quoi réveiller les foules!
Ensuite, morceau sensuel et doucement dansant: voix de velours, build-up animal. Shadows Dancing se rapproche de ce que font Lulu Rouge: hypnotique et langoureux.
Enfin, voyage dans le temps avec Back To The Start, en featuring avec LOUISAHHH!!!. On retrouve ici un morceau techno et disco: synthés ronds et punchy, voix mixées, rythme léger, basses imposantes. De la pêche et du groove!
En bref, SLDGHMR évolue en explorant d'autres horizons: de la rave à la techno, du brutal au sensuel, sans oublier une touche de disco. A quand l'album?

Ci-dessous, Reset en écoute continue.   




PS: Pour éviter des soucis de prononciation, le nom du groupe avec les voyelles, c'est Sledgehammer.

07/05/2013

Odezenne




Odezenne est un groupe de hip-hop français d'origine bordelaise; on les reconnaît pour des textes construits et incisifs ainsi que pour leurs instrus travaillées et sans fioritures. D'abord connus sous le nom d'o2zen, ils se sont fait connaître avec des morceaux comme Saxophone, Maux Doux ou encore Chewing Gum. Avec deux albums à leur actif, Sans Chantilly et OVNI, j'ai eu la chance de les interviewer avant leur concert, dans le cadre du festival du Printemps de Bourges, qui fêtait cette année son 37ème anniversaire. Entretien avec des passionnés de la  musique:

S!: Bonsoir! Pour commencer, comment se passe votre tournée? J'ai vu que vous aviez une date dans le cadre d'un festival au Canada, c'est que ça commence à prendre de l'ampleur!


Odezenne: Ouais! C'est une tournée qui se passe bien, on n'en est même pas au premier quart. On a commencé il y a deux-trois semaines à peine. On a fait un petit détour par la Suisse, on y retourne la semaine prochaine. On finira au Canada, et on fera un détour par la Belgique au Dour Festival...donc ouais ça se passe bien, c'est cool! On prend nos marques dans le bus. 


S!: Ensuite, une question me titille: pourquoi le chien sur l'affiche?


Odezenne: On sait pas...on sait pas (rires)! En fait il ne faut pas poser cette question. Quand c'est une évidence, la question ne se pose pas, c'est comme les angoisses (rires)!


S!: C'est l'annonce d'un prochain album ou pas du tout?


Odezenne: Non, ça n'a rien à voir. Il y aura un nouvel album, on l'espère, en 2014, mais qui n'aura rien à voir avec ce chien. C'est un truc comme ça, qui n'a pas de sens, comme tout ce qu'on fait: ça n'a pas de sens (rires). 


S!: D'ailleurs en parlant de sens, vos textes sont quand même très travaillés. Vous avez des influences, ou c'est vous pure souche? Des personnes vous inspirent?


Odezenne: Non, je pense pas. On s'est forgé une écriture comme toi, comme tout le monde, en lisant des choses. J'essaie vraiment d'écrire comme ça, sur le moment. Ça évolue avec le temps, avec les gens que je rencontre, avec ce que je lis. J'ai pas de référent, un mec que je kiffe grave dont j'essaie de me rapprocher. (Le dictaphone est passé à Jaco, le second rappeur du groupe) C'est de la pratique tous les jours. J'ai pas de guide quoi...Tu regardes l'horizon et t'y vas! (Le dictaphone est remis au milieu) Après je trouve pas que ça soit très bien écrit ce qu'on fait, c'est surtout le reste qui est très mal écrit (rires). Non mais je rigole, hein! C'est juste qu'on est mauvais différemment (rires).


S!: Par rapport à vos morceaux, est-ce qu'il y en a un principalement qui fait votre identité, dans lequel vous vous identifiez?

Odezenne: Ben, un peu dans tous. Dans certains c'est le côté sale gosse qui ressort, dans l'autre c'est plutôt le côté sérieux, dans l'autre le côté perdu...surtout perdu d'ailleurs. Non mais plus sérieusement un peu partout. Il n'y a pas un morceau où on ne s'était pas retrouvé ne serait-ce qu'un minimum qui est sorti. On a un peu de nous dans chacun, des choses différentes. Mais c'est intéressant comme question parce qu'un moment notre morceau préféré était Maux Doux, et si c'est notre morceau préféré, ce n'est pas parce que c'est celui qui nous résume, mais parce que ça a été un point de départ pour des choses. Tout à l'heure je parlais avec quelqu'un et c'est vrai que le problème de notre album (OVNI), c'est qu'il est sujet à beaucoup de malentendus. Un mec il n'écoute que Saxophone, ou que Tu Pu Du Cu, ou que Méridith, ou que Maux Doux...c'est autant de malentendus, car pour s'approcher un peu du groupe ou de ce qu'on est dans la vie de tous les jours, il faut au moins écouter une fois l'album avec tous les morceaux. Ça fait partie de l'aventure, si tu préfères.


S!: Autre question: pourquoi le nom Odezenne?


Odezenne: C'est le nom d'une directrice de bahut qu'on a eu quand on était au collège. Ça aussi c'est venu comme ça, c'est un clin d'oeil. 


S!: Pour continuer, vous avez créé un événement Facebook comme quoi vous passiez sur Bayonne?

Odezenne: Ouais, l'événement qu'on a créé pour Bayonne c'est dans le cadre d'un  truc qui s'appelle Odezenne à la demande, qui concerne treize villes pour lesquelles on n'avait pas de concerts prévus mais dont les habitants essayaient de nous y faire venir. On a créé treize événements fictifs pour Bayonne, Toulouse, Lille, Montpellier, Nancy, Grenoble...en disant aux gens de se prendre en main s'ils voulaient qu'on passe dans leur ville. S'il y a du monde, les programmateurs vont nous appeler, en toute logique. Pour ces treize événements, on a concrétisé huit dates, et Bayonne n'en fait pas partie pour l'instant. Ça avance un peu, j'ai vu. Ils sont en train d'appeler des salles, nous proposent deux dates...mais rien de concret pour l'instant. En tout cas ça avance.


S!: Dernière question: à quand un morceau avec Milk Coffee Sugar (autre groupe de hip-hop français)?


Odezenne: Probablement jamais. C'est pas eux personnellement, c'est juste qu'on a une logique. C'est comme si tu demandais quand est-ce que Guns'N'Roses fera un featuring avec Bon Jovi tu vois. Disons que ce n'est pas notre logique quoi. Nous on fait de la musique ensemble parce qu'on vit ensemble. Le jour ou Milk Coffee & Sugar, et leurs meufs s'ils sont maqués, viendront habiter chez nous pendant une durée minimum de huit à quatorze mois, on commencera à comprendre un petit peu qui ils sont, etc. Peut être qu'à ce moment là on aura envie de faire un son. Tu vois ce que je veux dire? Tu vois, nous on aime bien ce qu'ils font, c'est pas le problème. Mais ce n'est pas notre démarche quoi. On fait pas partie de la grande famille de rappeurs, que ce soit avec Milk Coffee & Sugar ou qui que ce soit d'autre. C'est juste une façon de faire.


S!: Bien merci, et à tout à l'heure!


Le concert qui suivit fut entraînant et sauvage: lourdes basses, scratch omniprésent, flow brut de décoffrage, guitares aériennes et synthés planants. De plus, deux morceaux  inédits, une présence sur scène à toute épreuve et le tout avec une sono sans fioritures. Si vous avez l'occasion, allez les voir sans hésiter!


PS: Ci-dessous: un morceau tiré du dernier album du groupe, Hirondelle. Puissant, dans tous les sens du terme.