27/01/2014

La Fine Equipe


S!: On va faire comme si je vous connaissais pas. Comment s'est formée La Fine Equipe (LFE), vous vous êtes rencontrés comment? 

LFE: La Fine Equipe existe depuis longtemps! On est 4 dans l'équipe, et on est 3 à venir de Marseille. On avait monté une équipe de scratch un peu comme Birdy Nam Nam. On s'est rencontrés surtout autour de ça: on a commencé à faire de la radio dans le sud, et une partie de l'équipe est en suite montée à Paris. C'est là qu'on a rencontré Chomsky, le dernier de l'équipe qui a rejoint le groupe! Du coup on s'est plus mis à la prod', on a monté notre studio d'enregistrement, notre label...Tu vois, on a monté un espèce de pôle complet où t'as production, mixage, promotion...Tout ce qu'il faut pour créer et sortir de la musique quoi!

S!: Ok! Et d'après ce que j'ai pu lire, vous êtes des potes de Senbeï? Vous avez remixé un de ses morceaux dans l'album Micrology!

LFE: A la base on était potes avec Tha Trickaz y'a de ça pas mal de temps, et Senbeï bosse avec eux. Il a aussi monté un groupe avec un des gars, ça s'appelle Tha New Team. Avec Chomsky on a partagé un studio pendant un an avec lui, et du coup on est super potes, on partage pas mal de trucs...et on a fait un remix récemment pour son album qui vient de sortir!

S!: D'accord! Pour en revenir à des questions d'usage, votre tournée se passe bien?

LFE: On tourne partout et on vient de s'arrêter pour calmer le jeu, dans l'idée de créer un nouveau live et un nouvel album.

S!: Et les prestations sur scène marchent aussi bien que ce soir en général?

LFE: En général oui. C'était spécial ce soir, parce que ce n'était pas un live justement. On est en DJ set avec une petite partie live...on joue un peu de tout. C'est ce qu'on fait en ce moment, et c'est au printemps qu'on va reprendre le live, avec des nouveaux morceaux et une nouvelle scénographie. Tout va changer!

S!: Pour terminer, vous avez fait deux albums, avec les deux volumes de La Boulangerie et un EP avec le rappeur ASM en 2013. A quoi ressemblera le prochain album?

LFE: Entretemps on a aussi sorti un album qui s'appelle Fantastic Planet avec des rappeurs et là comme je te le disais on est vraiment en préparation, on est en train de terminer un EP et un album en cours: un EP avant l'été, et un album avant la rentrée. Ça va être une sorte de Boulangerie un peu déclinée: pas mal de beats, beaucoup d'instrus, et va y avoir pas mal de monde! Des rappeurs, des chanteurs...


Vous l'aurez donc compris avec l'interview ci-dessus, La Fine Equipe est composée de 4 beatmakers. Leurs productions reflètent leur talent: ils mêlent habilement hip-hop, blues, scratch, trip-hop, jazz...et j'ai donc eu la chance de les rencontrer après leur prestation sur scène à La Bellevilloise, salle de concert dans le 20 ème arrondissement de Paris. Les photos parleront plus que moi, mais c'était vraiment une soirée qui valait le coup!   



 

La soirée au complet dure de 23h à 6h du matin. Cela va de soi, un des seuls à être au rendez-vous en avance, c'est moi. Quand la billetterie ouvre ses portes, j'entre et demande mon accréditation, l'appareil photo dans le sac à dos. On me l'octroie, en me disant que l'interview se fera après le passage sur scène de La Fine Equipe, dans la loge, aux environs de deux heures du matin. Sachant qu'ils doivent officier à partir d'1h, je suis encore plus excité qu'une mouche un soir d'orage. Au vu du monde et du matos que j'ai sur moi, j'opte pour la solution d'attente dans un bar des environs. Je sors de la rue Boyer, descends celle de Menilmontant et m'arrête pour siroter un coca (oui je suis pauvre) au bord de la route. Il fait nuit noire, les klaxons me siphonnent les tympans et les nuages menacent de me pisser dessus. J'vous jure, avec la cathédrale que je vois de ma chaise, il manque plus que les éclairs arrivent et qu'un gars joue de l'orgue en riant d'un rire machiavélique de sa voix de stentor. Oui, bon, j'exagère à peine hein!

Bref, après avoir atteint un score record à Tetris (sans bonus!) et englouti mon breuvage, je me décide enfin à bouger vers la salle. J'attends dans la file, mais une jeune fille au maquillage dégoulinant sur son visage me demande ce que j'attends. Je lui dis tout simplement que j'attends mon tour, elle me répond tout simplement qu'elle est bourrée et qu'elle ne veut pas aller vomir toute seule dans la rue d'à côté. Etant basque et ayant déjà bravé les foules des fêtes de Bayonne, j'ai moi même été souvent confronté à ce genre de situation à haut risque. Tout est une question de timing: il faut absolument continuer à parler à la personne mal en point, et trouver un endroit au plus vite. Sinon, le destin (ou plutôt l'intestin de la personne concernée) se retourne contre vous. Et à moins que vous ne portiez une veste bariolée de chez Desigual, le vomi ne passe pas inaperçu sur les fringues (oui, c'est gratuit).

Après avoir aidé la malade en détresse, je reviens sur mes pas et entre dans la salle accompagné d'une des employées. Je finis ma route, prends mon boîtier et mes objectifs, et fonce sur l'estrade pendant le set de La Fine Equipe, après avoir posé mon sac entre deux fauteuils, dans le noir, à portée d'yeux. Et même sans flash et avec la lumière rouge, quelques photos ressortent pas si mal! Je vous montre ça:























Après avoir pris les clichés, je remets les armes dans leurs fourreaux et danse au rythme de la musique, toujours le sac en ligne de mire. Morceaux saccadés à coups de scratch énervés, session trap pour ravir les amateurs de musique de gangster enragé, moment dubstep pour allumer la fosse, et final hip-hop rythmé pour déchaîner le public. Grande classe et humilité, car le groupe, aimant son public, a lâché un rappel à réveiller les morts. De plus, l'interview qui a suivi s'est faite comme à la maison: ambiance conviviale, tout le monde un verre à la main, et l'amour du métier transpirant sur les murs. Un vrai bon moment, mon téléphone à l'écran déglingué servant de dictaphone.

Même si je suis parti avant la fin de la soirée (oui je suis un être faible), que je suis rentré sous la pluie et que j'ai trouvé un mollard surprise sur la fermeture de mon sac (je soupçonne la fille ivre morte qui gisait sur le canapé, non loin de mon attirail), c'était quelque chose! Rentrer au Pays Basque en sachant que j'ai vu les concerts de La Fine Equipe et Tambour Battant, tapé un check au rappeur ASM dans la loge et sué comme un cycliste au soleil, il y a pire comme bilan!

Je vais finir en vous recommandant vivement de voir La Fine Equipe si vous en avez l'occasion. Je ne dis pas ça pour faire le lèche bottes hein, c'est vraiment super cool, c'est pas plus cher qu'un cinoche entre potes et vous êtes sûr d'y trouver votre compte. Super ambiance, sans rire! Ah oui et au fait, voilà leur page facebook et le profil soundcloud. Kiffez bien!

19/01/2014

No Time For The Silence

Côté musique électronique et wobbles, ce ne sont pas les noms qui manquent. La plupart des gens résument le dubstep à Skrillex ou autre Flux Pavillion, et c'est un genre qui est devenu un stéréotype pour certains. Un beat, des notes saturées qui s'enchaînent, une montée, explosion, et on recommence.

LöK n'est pas de cet avis. Artiste produit chez les suédois de THU records, il a de la suite dans les idées: l'EP No Time For The Silence sort aujourd'hui, et il porte bien son nom! Pas de répit pour vos enceintes.






Trois morceaux, trois univers, et un principe: jamais deux fois le même drop. Le premier morceau, Soul Eater, annonce déjà la couleur: ne vous fiez pas au début tout en douceur, ou autrement dit méfiez vous de l'eau qui dort. Après un passage mélodique à la batterie lente et au synthé léger, la montée annonce une explosion d'oscillations cybernétiques. Ce morceau se rapproche de ce que fait l'américain Datsik: ça pète, et ce sans oublier d'être musical. On y trouve même un passage au violon!

No Time For The Silence, lui, est un morceau plus expérimental et complètement barré. Synthés 8-bit rappelant les anciens jeux de gameboy, avec des wobbles faits maison qui partent littéralement dans tous les sens. Mais la véritable puissance de ce morceau réside dans la seconde montée: l'explosion de basses qui en découle reflète tout le travail de sound design qu'il y a derrière. On pourrait imager ce morceau soit par une guerre de robots déchaînés, soit par des transformers qui copulent. C'est vous qui voyez.

Le dernier morceau de l'EP est en featuring avec la chanteuse Sick F@ust. Morceau dark, voix bipolaire, oscillant entre suave et énervée. Mélodies graves, rythme lent et ensemble massif: presque une atmosphère d'Halloween...Inside, contrairement aux autres morceaux explosifs, illustre une implosion par ses notes plus étouffées.

No Time For The Silence est donc un ensemble de trois morceaux soigneusement énervés, qui va vous donner envie de cracher un rayon laser par la bouche comme le monsieur pas content sur la photo. Encore une preuve que le Pays Basque a des talents en stock! Juste en dessous, le morceau Soul Eater:  

  
 
PS: suivez les mots soulignés. L'EP en écoute continue est sur la page soundcloud de Lök. CRACHEZ DES RAYONS LASER

13/01/2014

Mirage

De plus en plus difficile d'innover, dans ce monde où les grosses entreprises mangent les petites (oui je sais, j'aurais dû faire diplomate à l'ONU). Il en va de même pour la musique: quand un style a déjà ses piliers en matière d'artistes, c'est dur de se faire un nom.
Le label Squinty Bass Records nous prouve que c'est encore possible, avec le nouvel EP de Dub Size! Si vous voulez écouter du dub made in Basque Country, bonne pioche! Sortie le 21 février:







High Tone, Dub Trio, Panda Dub...les doigts de huit mains ne suffiraient pas à compter les groupes de dub déjà existants. Et là je ne parle que des plus récents...de quoi se mordre les doigts pour proposer quelque chose de nouveau dans le milieu.

Le point fort de Dub Size, c'est la diversité des rythmes et des instruments. On retrouve de la flûte, du piano, un carillon...autant de sonorités qui nous font voyager. 
Direction Asie avec Mirage et Heavy Dub, où l'association du piano, de la flûte et des cordes rappelle la sérénité des temples japonais (ou la délicatesse du thé au jasmin, c'est vous qui voyez); virée en planeur avec The World Is A Fine Place, où les cors et le petit passage de percussions ont un petit goût d'Afrique...

En bref, Mirage est un EP très sympathique à écouter et on sent le travail qu'il y a derrière: batteries aux rythmes entraînants, basses rebondies, diversité des mélodies...sans oublier La Pluie où l'on trouve même une influence drum'n'bass, rendant le dub plus dansant par son rythme plus soutenu.
Alors laissez vous tenter par...non plus franchement, allez écouter Mirage et suivez Dub Size sur soundcloud, parce que c'est quelqu'un qui vaut le détour! Ci-dessous, le morceau Mirage tiré de l'EP éponyme. Kiffez bien!    


 

PS: Pour l'écoute de l'EP au complet, c'est ici et pour le profil soundcloud complet de Dub Size, c'est ici.

08/01/2014

ON A SURVECU A UNE SOIREE AU BIKINI

Entre le Printemps de Bourges en avril dernier et le Nordik Impakt en octobre, je n'ai pas perdu mon temps en cette très belle année que fut 2013. Mais il y a quand même eu une soirée de taille courant décembre, et c'est avec beaucoup de retard que je vous en parle...Accompagné d'un acolyte solide, je me suis frotté à une soirée Strictly Drum'n'Bass de 23h à 6h du matin. C'était le 14 décembre 2013, à Toulouse, au Bikini. On en parle tout de suite.






Bon, petite leçon de géo pour ceux qui savent pas. Toulouse, c'est dans les Midi - Pyrénées et ça bouge! Environ 500 000 habitants, des étudiants partout...une mine culturelle où tout le monde y trouve son compte: concerts tous genres confondus, salles de cinéma, expositions, art de rue, etc. C'est une ville très agréable, piétonne, à l'architecture...ouais bon vous avez compris hein, on est pas dans Thalassa non plus. Mais tout de même, pour vous faire plaisir et vous avouer qu'on a été des touristes malgré tout, voici une photo de gargouille d'une des cathédrales de Toulouse. C'est cadeau.






Pour revenir dans le vif du sujet, je n'avais aucune idée de comment me rendre à Toulouse. Etant pauvre et voulant partager une soirée épileptique avec un vrai poto, il fallait que je m'organise. On a finalement opté pour l'option du covoiturage, et on est arrivé le 14 décembre au matin. Après une journée riche en visites, malbouffe et cafés, on a pris le métro pour se rendre au Bikini. L'affiche, c'était ça: 





Le style musical était donc axé drum'n'bass. Rythmes rapides sans pitié, basses indomptables: la recette rapide et efficace pour désintégrer les neurones! La soirée promettait d'être dantesque. On m'avait dit en plus que l'acoustique du Bikini était telle qu'on en sortait sans acouphen ni oreilles bouchées. Il fallait que je constate ça par moi même...


 Source de la photo: photo-concert.fr. 

Je sais que ce n'est pas ce à quoi vous vous attendiez, tout simplement parce que c'est Boys Noize que l'on voit sur cette photo et non Terravita ou Audio. En tout cas, c'est bien à ça que ressemble le Bikini, et nous on était vers le milieu gauche. Après 7h de concerts intensifs, on n'était pas beaux à voir. Mais on n'avait pas d'acouphen! Pourtant, avec les vagues de basses qu'on a pris de face, on aurait pu en avoir! Un petit aperçu ci-dessous: 

  

En bref, une soirée mémorable, et une sono vraiment exceptionnelle (la légende se vérifie, je vous invite à faire l'expérience). Si bien que le lendemain matin, après le trajet en métro à 6h du matin, on est allé squatter une salle de cinéma pour dormir pendant la diffusion du deuxième volet de Bilbo le Hobbit...

Allez, bonus de fin: les gueules qu'on fait sur les photos sont assez représentatives du concert qu'on venait de vivre. Jérôme c'est le blanc, le noir c'est moi. Il était 8h du matin, on était pleins de sueur et pas encore couchés: