Avis aux touristes: si vous faites une escale à Bayonne, faites autre chose que de boire des coups rue Pannecau ou manger du jambon. Passez plutôt voir Coldust! En plus ils passent au bar Kixkil de temps en temps. Vous pourrez ainsi passer un bon moment devant un concert, tout en mangeant du jambon et en buvant des coups rue Pannecau. Tentant non?
Assez dit de conneries, on attaque! Le quatuor Bayonnais a sorti son EP Of Muses and Myths aujourd'hui, et je compte bien vous en dire plus long:
Coldust est un groupe tendance rock s'étant formé en 2012. Ils ont parcouru des bars, des skateparks, des cafés-concert et des salles, pour finalement parvenir à jouer en première partie de Parabellum à Mont de Marsan la semaine dernière, s'il vous plaît! L'énergie, l'amour du son irrigue leur musique, et ils ne sont pas là pour boire l'eau des pâtes!
Si vous ne me croyez pas, Of Muses and Myths parle à ma place! Il met tout le monde d'accord de suite avec Shades. Riff accrocheur, entre rock et stoner, avec un rythme soutenu (y'a de la double pédale dans l'air) et une voix écorchée vive, puissante et mélancolique, choeurs en renforts.
On enchaîne avec Numbers'trooper, plus sombre et grinçant. Atmosphère plus obscure: notes graves, voix plus appuyées, ensemble moins énervé et rythme plus lent. Entre claque auditive, rock progressif et ballade mélancolique.
Pour faire court: l'EP reflète la maturité musicale du quatuor. Entre rock progressif, puissance de feu et mélancolie fragile, on croirait presque entendre du Deftones. Alors avant qu'ils ne sortent leur album, foncez télécharger tout ça (parce que c'est gratuit) et ne vous faites pas prier pour faire tourner! Enjoy!
PS: leur page facebook, et leur profil soundcloud!
Oyez les gars, du lourd! Al'Tarba, le beatmaker toulousain, revient avec son dernier EP. Signé chez Jarring Effects, The Sleeping Camp s'éloigne de la légèreté de son précédent Ladies & Ladies pour un semblant de retour aux sources. On sent l'esprit sombre de ses premières productions ressurgir, comme les albums Lullabies For Insomniacs ou Blood Out Connections. Et puis, entre trip-hop et hip hop, il n'y a qu'un pas...
The Sleeping Camp, c'est aussi le nom que porte le premier morceau. A la fois envoûtant, inquiétant et fragile. Guitare manouche aux notes mélancoliques, chants envoûtants, rythmes lourds, et une autre gratte, électrique, rappelant l'ambiance des films de Tarentino. C'est comme si un feu de camp traditionnel entre potes se changeait en une danse rituelle autour des flammes. Les chants saccadés rappellent You de Gold Panda.
Pour le deuxième morceau, Al'Tarba a fait équipe avec son pote DJ Nix'on, avec qui il tourne depuis un an. He Garçon! est un morceau léger qui swingue, agrémenté de scratch, de cuivres, de samples et d'un méchant beat hip-hop. Même si vous aimez pas danser, la tête bouge toute seule!
Heat Holders est l'avant dernier morceau, et il est plus agressif. Hip-hop hardcore, avec un rap enervé et une instru puissante. En featuring avec Dirt Platoon, il ravira les gangsters les plus chevronnés!
Enfin, apothéose avec Dusty Signal. Suite de la transe entamée dans le premier morceau, les voix et les guitares manouches reviennent pour nous emmener encore plus loin. Il y a même un moment où une voix d'enfant se fait entendre, soufflant doucement des onomatopées.
Entre rêve, magie et ghetto, Al'Tarba arrive à faire du neuf avec du vieux, et sans bavure. L'atmosphère sombre et lancinante règne, mais avec une touche de modernité, comme si ses albums précédents avaient gagné en maturité. C'est envoûtant, tantôt léger et puissant. Enfin, bonne nouvelle, parce que cet EP n'est autre qu'un aperçu de son prochain album, Let The Ghost Sing. Ah, et j'oubliais, je rappelle que The Sleeping Camp est signé chez Jarring Effects, le même label que les lyonnais d'High Tone. M'est avis que c'est pas un hasard...
PS: pour l'EP en entier, c'est ici.
Bien à vous chers lecteurs, c'est en revisitant mes posts et en tenant compte de vos remarques que je me suis aperçu d'un détail qui a quand même son importance: la musique électronique est ce dont je parle le plus. Rassurez vous hein, ça va bientôt changer, mais quelques petits points sont à mettre au clair! Notamment sur les genres qui découlent de la musique faite avec des machines. Alors enfilez votre casque! La première partie du lexique musical sans transition:
1. La Trap.
La trap (ou "le"...je sais pas), est un style électronique qui découle du hip-hop. Basses profondes qui font vibrer les côtes, notes pincées ou longues et coups de cymbale en mitraillette (ou pas...ce sont le rythme et les basses qui comptent). Le genre de musique qui vous donne envie de conduire une low-rider avec le son à fond et de mettre un dentier en or. Ou de vous convertir en gangster croûlant sous des montagnes de dollars, c'est vous qui voyez!
Quelques artistes de trap (pour les curieux voulant se convertir en gangster de salle de bains): UZ, LOUDPVCK, Spol, Hucci, RL Grime, Salva, Bro Safari, UFO!, Brillz, Apashe...
2. L'électro Thrash
C'est le style considéré comme le côté punk de l'électro. Notes ultra-saturées, rythmes enragés et puissance de feu. On peut même entendre un chanteur pas content gueuler derrière dans certains cas. Le genre qui fait toujours mouche en concert! Et comme on dit hein, un concert des Bloody Beetroots sans pogo, c'est comme une soupe sans moustache. DESTROOOOOY!
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Et
pour ceux qui veulent tout casser chez eux ou faire du headbang
occasionnel, voici quelques groupes d'électro-thrash: The Subs, The
Noisy Freaks, Drivepilot, Owl Vision, Hantise..
3. La Tech House
Avis aux amateurs de stroboscopes et de lumières épileptiques! Une seule ligne de conduite: un rythme et un ensemble de notes qui se répètent, avec des éléments s'ajoutant au fur et à mesure (ou pas). C'est un genre un peu ingrat, parce qu'il peut mettre en transe comme il peut soûler à mort...par contre quand c'est bien fait, ça marche!
Je vous fais suivre quelques noms: Laurent Garnier, Wolfgang Gartner, Erol Alkan...
4. La Hardtek
Là, c'est un autre level. Rythmes ultra rapides et répétitifs, souvent accompagnés de samples de vieux films et de notes criardes et destructurées. Dans le genre underground, la hardtek et ses dérivés se posent là: un mur de son, à la plage ou dans une forêt, avec beaucoup de gens en transe, et un peu de farine qui traîne (j'ai dit farine?). C'est un genre comme un autre, mais si vous en avez dans votre iPod, attendez-vous à ce que les gens vous regardent avec des yeux ronds (mais au fond, on les emmerde). "T'écoutes ça toi??"
Quelques références pour les plus aventuriers d'entre vous: Narkotek, Teknocrates, Heretik Soundsystem...
5. Le Dubstep
C'est le genre un peu casse-gueule, décrié et adulé à la fois. Certains disent que tout le monde peut faire du dubstep en samplant son mixeur en marche, d'autres que c'est du sacré génie. Pour ma part, je penche plutôt pour le génie. Un mot d'ordre: le wobble. J'explique: le wobble est une forme d'oscillation qui peut varier comme rester constante. Si je devais le définir en onomatopée, ça serait "webwebweb", ou "wutwutwuuut". Et niveau construction, c'est proche des autres styles électroniques: un rythme, des notes, une montée, une accélération puis explosion dans-ta-face. Ah, et j'oubliais: le dubstep peut aussi être tranquille, et il ne se limite pas à Skrillex!
Quelques pros du wobble: Excision, Skism, Downlink, Figure, Gramatik, Ajapai, Liquid Stranger, Bassnectar...
6. Le Breakbeat
Le breakbeat, ça porte bien son nom. C'est un rythme cassé ou saccadé. Jamais constant, c'est un genre qui surprend, pouvant se montrer massif comme très calme. C'est le genre de musique où on ne sait pas trop sur quel pied danser en concert...mais quand c'est bien fait, ça casse des briques et ça déchaîne la fosse! En plus, ça a plus de structure qu'il n'y paraît.
Quelques saccadés du cerveau: Cut & Run, Adam Freeland, Stanton Warriors...
Voilà pour la première partie du lexique. La suite, on verra plus tard! Trop d'électro dans une journée tue l'électro. Deuxième partie prochainement!
Faisons un constat: il est censé faire beau mais le soleil se fait la malle, les politiques et les médias n'ont parlé que des municipales, et l'allergie au pollen se repointe sans pour autant que le printemps ne montre le bout de son nez. Alors laissez les ministres avec leur baratin interminable, mouchez-vous un coup, éteignez la télé et ouvrez grand vos oreilles: le dernier album d'High Tone, Ekphrön, est dans les bacs depuis lundi!
Pour ceux qui ne connaissent pas, High Tone est un quintet lyonnais qui a beaucoup évolué: entre électronique et dub, reggae et dubstep...autant d'albums et de collaborations qui ont enrichi leur répertoire musical. Ils ont commencé avec Opus Incertum en 2000, sorti Outback en 2010 (sacré bordel cet album, je vous le recommande vivement), et nous surprennent à nouveau avec Ekphrön en ce semblant de printemps 2014. Ils sont revenus d'Inde en pleine forme, et on le sent!
Il ne dure que 43 minutes et pourtant cet album met tout le monde d'accord! Comme quoi ce n'est pas la durée qui compte (avis aux éjaculateurs précoces). Non sans rire, beaucoup de richesse irrigue Ekphrön. Entre violon, cithare, cordes japonaises, électronique expérimentale et dub. Au delà des instruments, le groupe nous fait voir du pays! A la fois apaisant et terriblement puissant, un style progressif au possible. En plus, on trouve Shanti-D, le violoniste Vincent Segal et même le rappeur Oddatee!
Pour résumer: 43 minutes, neuf morceaux, richesse musicale optimale et claque auditive. On voyait mal comment le groupe pouvait encore évoluer après l'expérimental High Damage en 2012, fait avec Brain Damage. Ils nous prouvent le contraire en proposant encore une fois quelque chose de nouveau! Alors si vous aimez le dub et la musique expérimentale, régalez vos tympans avec Ekphrön pour des frissons garantis. Ci-dessous, Until The Last Drop avec Shanti-D en auxiliaire. Bon voyage!
PS: Pour l'album en entier, c'est là! Bonne écoute.