29/10/2013

OH LES FILLES!

Vous vous en doutez, le nom de l'article n'est pas vide de sens. Séduction, insouciance, malice et délicatesse seront au rendez-vous. Sujet rasoir, fleur bleue? Certainement pas, quand c'est Al'Tarba qui nous en parle! Ladies & Ladies, le dernier EP du beatmaker, sort le 25 novembre chez Banzaï Lab.




Contrairement à ce que son nom suppose, Al'Tarba n'est pas un banlieusard se contentant de parler verlan, mais un artiste à part entière: le toulousain s'est fait connaître avec son célèbre album Lullabies for Insomniacs. Ambiance sombre, lancinante et délicate. Beat lourd, mélodies harmonieuses. Cet album entre dans le registre de l'abstract hip-hop, monde dans lequel hip-hop et trip-hop s'entrechoquent. 

Ici, l'ambiance se veut plus légère, avec un hommage à la gente féminine à travers 6 titres. Voix langoureuses ou erraillées, violons aériens, tintements de cloche, cuivres...sans oublier la lourdeur du beat hip-hop qui fait l'identité d'Al'Tarba. Celui-ci est d'ailleurs un sacré veinard, car bien entouré: 4 chanteuses l'accompagnent, sans oublier son acolyte DJ Nix'on avec qui il se produit sur scène depuis 2008. Le résultat de ces collaborations est surprenant: les morceaux traduisent tantôt une insouciance railleuse, tantôt une féminité fragile et mélancolique. Du travail de pointe!

Pour terminer, un détail qui va mettre la puce à l'oreille de certains: l'une des chanteuses, présente pour le morceau The Vengeance Sisters de l'EP, est Jessica Fitoussi. Si ce nom ne vous dit rien, elle a chanté avec les beatmakers Mister Modo & Ugly Mac Beer pour le projet Modonut.

En attendant le 25 novembre, voici un aperçu de ce dont Al'Tarba est capable. Tiré de son album précédent, Pain Killers ravira vos oreilles:  


 

PS: la jolie photo de l'artiste que l'on voit sur le lien, elle est de Clément Ducourty!

08/10/2013

La rose et le lingot

Aujourd'hui au réveil, le cerveau encore embué de la soirée de la veille, j'ai l'automatisme d'allumer l'ordinateur, recherchant désespérément de quoi me stimuler la boîte crânienne (mais pas trop quand même, faut pas déconner). C'est là que je découvre Hucci, sur le fil d'actualités musicales du site soundcloud. Genre: Trap. Je m'imagine déjà dans un pick up ou un hummer, parcourant les avenues de Los Angeles armé d'un gun planqué dans la boîte à gants. Oui car le genre Trap, jusqu'à preuve du contraire, c'est le parfait mélange entre la musique électronique et le beat gangsta hip-hop. De la vraie musique du ghetto, t'as vu!
La donne a changé à partir du moment ou j'ai cliqué sur le bouton de lecture. Toutes mes chaînes en or se sont changées en roses, et mes jantes 25 pouces en statues de pierre. Ça donne à peu près ça:



Salva, Diplo, Valentino Khan, Bro Safari, ETC! ETC!...beaucoup de noms apparaissent aujourd'hui comme des références Trap. Difficile de se faire un nom quand le genre compte déjà ses piliers...
Hucci n'a pas ce problème. Il s'impose comme l'artiste qui sort des sentiers battus, qui a une approche moins rentre-dedans que les autres. 

L'EP, Rosegold, disponible depuis 4 jours maintenant, porte bien son nom: la délicatesse de la fleur associée à l'or des rolex. La légèreté d'un pétale avec le poids d'un lingot d'or. Rosegold commence avec une envolée de notes, portée par une guitare langoureuse, un piano aérien et un rythme lourd, irrégulier, en rupture avec le reste. Lullaby est un morceau beau, mélancolique et puissant. Les sept autres morceaux explorent d'autres horizons: violons, samples de voix masculines (pour vous mesdames), synthés nébuleux, basses qui martèlent, hip-hop brut...

Dans un contexte où les nouveautés musicales inondent la toile, ce dernier opus d'Hucci fait partie des pépites. L'artiste anglais de 17 ans seulement fait preuve d'une maturité musicale surprenante, qui nous donne envie de le suivre, savoir la suite qu'il a dans les idées.Quand j'ai fouillé son profil et sa discographie, j'ai découvert un fait qui m'a vrillé le crâne: Hucci a déjà 32 sons à son actif, et Rosegold est son deuxième EP après Novacane l'année dernière.

Quoi qu'il en soit, Hucci est quelqu'un à suivre de près pour ses prochaines productions, pour voir jusqu'où il peut aller. C'est un artiste talentueux, et généreux. Eh oui, vous l'aurez compris, c'est gratuit! Ci-dessous, Rosegold en écoute continue. La puissance de la rose et du lingot:


01/10/2013

Violence Maîtrisée

Pendant que d'autres attendent la sortie du premier album de Gesaffelstein, dont la sortie est prévue à la fin du mois, moi j'attendais le dernier opus de Datsik. J'avais fait toutes les démarches nécessaires: souscription à la newsletter de Firepower records, coup d'oeil quotidien sur le site soundcloud...Et finalement, ô joie, c'est la semaine dernière que la bombe a été lâchée, pour le plus grand plaisir de mes tympans. Chronique d'un album subtilement explosif:




Quand on voit l'artwork, on a une impression de déjà-vu. Le style organo-robotico-futuriste de la jaquette rappelle le style de chez Rottun records, avec des artistes comme Excision, Ajapai, Downlink...un style graphique qui en impose, et qui a l'avantage d'annoncer la couleur de ce qui nous attend: du très lourd dubstep, gras et sale.

Cet album est comme une suite à l'EP précédent, Cold Blooded (d'où le "part two" sous le titre). Et quelle suite! Let It Burn LP saigne à blanc nos oreilles avec un tomahawk. Bruits de machines de guerre, distorsions métalliques, choeurs, violons, montées interminables et des "drop this shit!" qui annoncent l'explosion imminente de basses atomiques. Violence gratuite, me direz-vous? Je vous répondrai oui et non.

Non parce que cette violence est maîtrisée. Plusieurs styles sont explorés tout le long de l'album: les 10 morceaux oscillent entre tonalités métal, rythmes reggae, voix féminines au sex-appeal déroutant, beat hip-hop, violons...Le tout agrémenté de quelques featurings, notamment avec Getter pour Glock Burst (morceau coup de coeur avec Let It Burn, pour ma part). La diversité et l'intensité de Let It Burn LP viendraient presque détrôner l'album précédent de Datsik, Vitamin D. Une des plus grosses surprises dubstep de l'année, derrière l'opus Invasion de Destroid chez Rottun records.

Et enfin oui, la violence est belle et bien gratuite, car l'album intégral est téléchargeable sur soundcloud et sur le site officiel du label! Ci-dessous, Let It Burn LP en écoute continue. GAFFE AU CERVEAU!